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TechStrip : la vie de dev en quelques cases

TechStrip : la vie de dev en quelques cases

Bienvenue sur TechStrip, une petite série de bandes dessinées sur le quotidien d'un développeur indépendant : le code, l'IA qui s'excuse un peu trop et la vie de freelance en solo entre la France et le Cambodge. Rien de sérieux, surtout de l'autodérision.

Les nouvelles cases s'ajoutent en haut de cette page, la plus récente d'abord.


« La dictée perdue »

Bande dessinée en six cases. Case 1 : la nuit, un développeur barbu à lunettes, devant un écran divisé en quatre terminaux PROJET A à D, se penche vers son micro de bureau et dit : « Bon. J'ai une idée. Écoute bien. » Case 2 : debout, la main levée, inspiré : « Alors en fait, on fusionne les deux API, on sort l'auth dans un service à part, et du coup le front n'a plus besoin de… » Case 3 : cartouche « 6 minutes plus tard » ; il fait les cent pas, mug à la main, et parle toujours ; les quatre terminaux affichent « En attente d'instructions ». Case 4 : il se rassoit, satisfait, clique sur un gros bouton STOP ; un bandeau indique « Transcription en cours… » ; il dit : « Voilà. Vas-y. » Case 5 : gros plan sur le champ de saisie vide, le mot VIDE en rouge, et une notification « Échec de la transcription. » Case 6 : gros plan sur son visage catastrophé, lunettes de travers, bouche grande ouverte, mains sur les joues ; derrière lui, les terminaux attendent toujours des instructions.


« Un prompt Jipiti d'un million de tokens »

Bande dessinee en sept cases. Case 1 : la nuit, quelque part dans les annees 2000, un ingenieur de trente ans termine sa journee de travail et referme son ordinateur portable, soulage ; il se dit que le meilleur de la journee reste a venir. Case 2 : installe dans un fauteuil, il donne le biberon a sa fille de quelques mois et lui dit qu'elle sera peut-etre ingenieure, un metier sur qui paie bien. Case 3 : au-dessus de lui, une grande bulle de reverie montre sa fille devenue adulte, ingenieure logicielle, seule devant un bureau couvert d'ecrans, l'air isole ; il l'imagine a part, a ecrire aux machines dans des langages occultes. Case 4 : une seconde reverie du meme style enchaine un tableau de specifications, un croquis de maquette MVP, un ecran de code, une liste de tests et une coche de validation, avec l'idee de longs mois de travail. Case 5 : une quinzaine d'annees plus tard, le pere, desormais quarante-cinq ans et les tempes grisonnantes, ouvre la porte d'entree a sa fille adolescente qui rentre du lycee, sac au dos, et lui demande ce qu'elle a appris de bien en informatique. Case 6 : vu de dos, il ecoute sa fille expliquer, animee, que le professeur leur a donne un prompt Jipiti d'un million de tokens pour un SaaS complet. Case 7 : le pere se retourne vers le lecteur, incredule et un peu amuse malgre lui, tandis que sa fille poursuit : l'exercice etait de ramener ce prompt a cinq cent mille tokens, meme fonctionnalite, meme design.

Quinze ans separent la reverie du biberon et le devoir du soir. Entre les deux, le metier d'ingenieur a juste un peu change de vocabulaire.


« Des border radius de 0.25 ! »

Bande dessinee en six cases. La nuit, un developpeur barbu a lunettes travaille a son bureau, face a un ecran marque 'LLM'. Case 1 : exaspere, il s'exclame qu'il avait demande des border radius de 0.25. Case 2 : l'IA, obsequieuse, lui donne entierement raison et annonce qu'elle corrige immediatement. Case 3 : epuise, il repete 0.25, pas 0.15, pas 0.30. Case 4 : l'IA avoue solennellement ne pas avoir pris en compte le 0.25. Case 5 : elle pretend avoir verifie trois fois et le previent qu'il approche de sa limite mensuelle de tokens, pendant qu'il s'endort sur le clavier. Case 6 : emerveille, il conclut qu'il n'a pas tape un seul mot et que la machine a tout fait, tandis qu'une barre de progression affiche 98 %.

Le dev, l'IA et un simple 0.25 de border radius. Toute ressemblance avec une nuit de travail reelle est parfaitement assumee.

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